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Comment calculer son seuil de rentabilité ?

Mis à jour : 4 juin 2020

Ouvrir oui, mais à quel moment ? Beaucoup des entrepreneurs que je conseille me disent qu’ils envisagent de rouvrir mais pas si cela doit les conduire à perdre encore plus d’argent. Si vous en êtes au même stade de la réflexion, il est essentiel pour vous de connaitre votre Seuil de Rentabilité.


Calculer son seuil de rentabilité

1- Quelques notions de gestion


Le Seuil de Rentabilité est le niveau que votre chiffre d’affaires doit atteindre pour que votre entreprise soit rentable. Il dépend évidemment des charges que vous supportez et que nous pouvons classer dans deux catégories différentes :

- Les charges variables, qui varient en fonction du chiffre d’affaires ou d’un autre critère (comme la matière chez un restaurateur, ou le carburant chez un transporteur),

- Les charges fixes, qui ne varient pas ou uniquement par grand pallier (comme les loyers ou l’assurance).

2- Quand on manque de visibilité, on en crée


La première étape pour chiffrer son seuil de rentabilité, c’est de budgéter son activité. Oui, j’imagine que certains se disent immédiatement : Budgéter, je ne sais même pas si je serai ouvert demain, comment pourrais-je faire un budget ?

A cela, je rappelle deux choses. Un budget est faux par nature, ne vous en inquiétez pas. Il balise simplement le chemin vers le lieu que vous souhaitez atteindre, ce qui est essentiel pour savoir quand on en sort.

Ensuite, vous ne connaissez peut être pas votre chiffre d’affaires, mais vous maîtrisez vos charges. Et nous en revenons à nos différentes catégories de charges :

- Les charges variables sont fonction de votre chiffre d’affaires, donc reprenez vos comptes N-1 et N-2, additionnez ce type de charges et rapportez les à votre chiffre d’affaires. Vous en déduirez le pourcentage qu’elles représentent dans votre CA. (Par exemple, les restaurateurs, ont généralement entre 25 et 35% de charges de matières premières pour confectionner leurs plats et donc un taux de marge de 65 à 75%),

- Les charges fixes, sont fixes malheureusement mais c’est encore plus simple : listez-les et additionnez-les (n’en oubliez pas, tout doit y passer),

3- On passe au calcul, un exemple vaut mieux qu’un long discours


Le seuil de rentabilité est simple à calculer, il est égal à vos charges fixes divisées par votre taux de marge.

Par exemple : Votre dernier compte de résultat fait apparaître un chiffre d’affaires de 200 K€, des achats de matières et autres charges variables de 50 K€ et des coûts fixes de 120 K€, pour un résultat de 30 K€.

Vos charges variables représentent 25% de votre chiffre d’affaires (50 K€ / 200 K€) et donc votre taux de marge est de 75% (100% - 25%).

Le seuil de rentabilité est donc égal à vos charges fixes divisées par le taux de marge soit 160 K€ (120 K€ / 75%).

Vous pouvez en conclure que votre CA hors taxes minimum à obtenir pour faire un bénéfice est de 160 000 € HT. Attention on parle bien d’un chiffre d’affaires hors taxes annuel. Pour revenir à votre chiffre d’affaires journalier, divisé le par le nombre de jours d’ouverture ou de travail.

Vérification : si vous faites 160 000 € de chiffres d’affaires, vous aurez des charges variables qui baisseront à 40 000 € (et oui elles sont variables) mais des charges fixes stables à 120 000 € et donc un résultat de 0 € cette fois-ci.

4- Pour aller plus loin, et si on parlait trésorerie….


Votre résultat n’est pas votre trésorerie, mais il le deviendra.

Donc pour savoir si votre chiffre d’affaires vous permet de couvrir vos décaissements, vous pouvez ajouter à vos charges fixes, vos remboursements d’emprunt annuels.

Enfin, attention, si vous êtes en entreprise individuelle, votre salaire n’apparaît pas dans les charges de votre société dans vos comptes. Évitez de l’oublier dans votre calcul, ce serait dommage.

Il manque une dernière notions pour faire de vous des contrôleurs de gestion émérites, à savoir le besoin en fonds de roulement, mais nous y reviendrons ultérieurement…

L’auteur : Arnaud VIVIER est expert-comptable associé et commissaire aux comptes au sein du cabinet Teorem à Grenoble et du groupe Gallo et Associés, ancien directeur financier et maître de conférences associé à l’université Pierre Mendes France à Grenoble, il conseille de nombreuses PME en matière de gestion et d’optimisation fiscale.

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